Apprendre les langues grâce à l’hypnose ?

Que penser de ces « méthodes » présentées comme « méthodes miracles » pour apprendre les langues ? Au-delà des titres « à la recherche de clics », il est sans doute intéressant de décrire les processus cognitifs – mais pas seulement – dans l’acquisition d’une nouvelle langue, et de voir en quoi – et à quels niveaux – l’hypnose peut se révéler être un moyen efficace.

 

Une nouvelle langue ne s’apprend pas comme la langue maternelle

Nous faisons l’acquisition du langage très tôt dans la petite enfance (entre un et trois ans, même si l’apprentissage débute en réalité bien avant cet âge et se poursuit au-delà de la petite enfance).

D’un point de vue structurel, il y a :

  • Les sons du langage (phonologie),
  • le vocabulaire (sémantique),
  • la grammaire (syntaxe et morphosyntaxe),
  • le discours narratif et le traitement auditif verbal.

Ces différents composants du langage ne s’acquièrent pas de la même façon quand on est petit enfant – où l’apprentissage se fait par l’imitation des adultes tentant d’interagir [avec l’enfant] et des balbutiements qui sont une « préformation » de l’appareil phonatoire – qu’en tant qu’adulte qui a déjà acquis sa langue maternelle.

Un adulte qui souhaite apprendre une nouvelle langue va devoir dépasser les difficultés suivantes :

  • La prononciation de nouveaux sons ne faisant pas partie du répertoire de sa langue maternelle,
  • de nouvelles combinaisons syllabiques,
  • et bien entendu : l’acquisition d’un nouveau lexique afin de pouvoir définir des objets ou des idées.
  • Viendra ensuite, l’apprentissage de nouvelles subtilités syntaxiques – le principe de syntaxe étant universel, à savoir l’agencement et la combinaison des mots pour générer des phrases et des énoncés – afin de pouvoir s’exprimer à travers un nouveau code.
  • Jusqu’à, enfin, pouvoir échanger de manière de plus en plus fluide avec des interlocuteurs parlant la langue récemment acquise.

Il s’agit donc de développer des aptitudes techniques, cognitives, mais aussi « subjectivo-émotionnelles » pour entrer en interaction avec l’autre, c’est-à-dire jauger de ses compétences linguistiques avant d’oser s’exprimer.

 

Quelle(s) langue(s) pour quelle(s) raison(s) ?

Dans un cadre de coaching combiné à l’hypnose, il est important de recueillir un maximum d’informations au sujet de la (ou les) langue(s) que le sujet souhaite apprendre. L’approche conversationnelle du processus va mettre en relief différents éléments, tel que l’objectif final – ou l’objectif de l’objectif –, c’est-à-dire la valeur ajoutée, concrète, que l’apprentissage d’une nouvelle langue peut avoir dans la vie du sujet.

Cela permettra également d’évaluer le degré de motivation – de l’utiliser en tant que levier – et les efforts à fournir en vue d’atteindre l’objectif.

En fonction de ce qui aura été mis en place par l’apprenant, des pistes émergeront naturellement pour « booster » l’apprentissage grâce à l’hypnose.

 

Comment ça se passe concrètement ?

Apprendre une langue n’est pas compliqué en soi, eu égards aux nombreuses méthodes qui existent sur le marché : cours à distance (ou en classe), ressources sur le net, livres (« Telle langue en 90 leçons »), CD-Rom,… C’est avant tout une question d’organisation : comment apprendre et comment structurer son processus d’apprentissage ?

Concrètement, l’hypnose permet d’aller vers l’inconscient rechercher les éléments essentiels, et les agencer de façon optimale selon l’objectif à atteindre. En l’occurrence, optimiser ses facultés d’apprentissage.

Il est très facile d’apprendre une langue quand on a :

  • Une bonne capacité de mémoire (de façon à se constituer un lexique).
  • Une grande concentration (pour assimiler des règles grammaticales et syntaxiques).
  • Une certaine habilité technique (pour prononcer de nouveaux sons).
  • Un bon niveau de confiance en soi pour aller vers l’autre et oser s’exprimer dans une langue qu’on ne maîtrise pas (encore).
  • Une très grande motivation pour mettre les choses en place, s’organiser, consacrer le temps qu’il faut, et dépasser d’éventuelles difficultés lorsqu’elles se présenteront.

 

Voilà autant de ressources dont la transe hypnotique postule qu’on peut aller rechercher au sein de soi-même.

Quand on est seul face à ses propres difficultés, il est compliqué d’avoir le recul nécessaire pour comprendre pourquoi est-ce qu’on n’y arrive pas. On finit par douter de ses compétences voire même – et c’est bien plus problématique – de soi.

Jusqu’à conclure par : « Je n’y arrive pas » ; « C’est trop difficile » ; « Ce n’est pas pour moi » ; …

C’est aussi absurde que de faire tomber un trousseau de clés dans une pièce sombre et de douter de soi parce qu’on n’arrive pas réussi de trouver la bonne clé, celle qui ouvre la porte.

L’hypnose est sans aucun doute un processus décisif dans le cadre de l’apprentissage d’une langue, car aucun pédagogue, enseignant, ou bouquin, ne pourra prendre en compte l’aspect purement subjectif de la personne qui souhaite faire l’acquisition d’une nouvelle aptitude.

Nous sommes le fruit de notre histoire, une histoire qui nous a conduits – à un moment de notre vie – à vouloir prendre une certaine direction. Au-delà des méthodes il y a une sensibilité personnelle, des éléments qui font que les énergies s’agencent d’une certaine façon, et qu’on ne peut contrôler puisqu’elles font partie du domaine de l’inconscient.

L’inconscient n’est pas un coffre-fort scellé, il s’agit plutôt de tiroirs où des fragments de notre vie sont rangés. L’organisation de la psyché nous permettant de fonctionner sans nous surcharger de tous ces éléments stockés dans notre cerveau.

Le processus lié à la transe hypnotique – en particulier l’approche ericksonienne – est une méthode bienveillante, centrée sur la personne (approche plus suggestive qu’inductive), qui permet au sujet d’ouvrir « comme par magie » les bons tiroirs et finir par avoir un autre regard sur ses propres ressources, ce qui induit une plus grande motivation et de meilleures capacités cognitives.

Autrement dit, si on ne sait pas pourquoi on a des difficultés à apprendre ou a assimiler de la matière, notre inconscient, lui, sait pourquoi !

Et puisque notre inconscient est bienveillant à l’égard de nous-mêmes, il nous offre les réponses qu’on va rechercher (au moment où on estime avoir besoin de les chercher), de même qu’il nous offre l’opportunité de générer les solutions à certaines problématiques que l’on souhaite dépasser.

 

Saïd Derouiche
Coach, hypnothérapeute

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