L’EMDR (pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une technique thérapeutique qui permet de guérir des blessures traumatiques. Cette technique a été découverte fortuitement par Francine Shapiro lors d’une balade dans un Parc à Brooklyn*. Alors qu’elle balayait le paysage du regard, elle a constaté une diminution de ses angoisses liées au cancer. Pour confirmer sa « découverte », elle se remémorait volontairement des pensées négatives qui l’angoissaient d’habitude et constata que la charge émotionnelle qui accompagnaient ces souvenirs avait disparu.

C’est en tant que psychologue au Mental Research Institute de Palo Alto qu’elle a effectué les premiers essais cliniques sur un groupe de volontaires (1987). Mais c’est surtout dans le traitement des chocs post-traumatiques des vétérans du Viet-Nam que la technique a connu ses premiers grands succès thérapeutiques.

Pour le dire simplement, certains événements sont traumatisants – ou vécus comme traumatisants – au point que les « images chocs » ont un défaut de stockage. Ceci a pour conséquence d’augmenter l’activité de l’amygdale – connue pour son implication dans les processus émotionnels – et de générer des états de grande anxiété. Le sujet revit l’événement traumatique ou rumine à son propos (« si je n’étais pas là » ; « si j’avais agi autrement » ; …), ce qui peut altérer considérablement sa qualité de vie et ses interactions sociales.

On ne connait pas encore exactement ce qui se passe exactement, mais les résultats de cette technique sont à ce point probants qu’ils permettent de postuler une réorganisation au niveau du stockage de ces images traumatiques, jusqu’à les « digérer » et de s’en délivrer.

Nous savons que nous effectuons ces balayages oculaires lors du sommeil paradoxal et que ceux-ci ont une fonction neurologique. L’EMDR est donc un outil neurologique – plus que psychologique –  qui viendrait « réparer » – ou réagencer – un dysfonctionnement qui serait survenu lors du choc.

Consulter pour l’EMDR ?

Je pratique l’EMDR depuis 2014 en complément de l’hypnose ericksonienne. L’entretien thérapeutique se déroule en mode « coaching » (identifier un but, dans un contexte spécifique, et les ressources disponibles), ceci dans le but de confirmer que le « blocage » rencontré a bien une origine traumatique. Si cela se confirme, la technique est appliquée au patient dans le cadre thérapeutique global. Ce qui permet, une fois le traumatisme digéré, de poursuivre la thérapie vers un bien-être général ou un objectif de vie précis.

L’EMDR a la particularité d’être efficace indépendamment de la sévérité du trauma. Ce qui peut permettre de grands espoirs pour les personnes ayant été exposées à des événements particulièrement violents (accidents de voiture, scènes de guerre, viols,…) et qui en souffrent encore aujourd’hui.

* Des yeux pour guérir, Francine Shapiro