La Vision Intégrale (Ken Wilber)

La Vision Intégrale de Ken Wilber (ou Théorie Intégrale) est bien plus qu’un outil systémique. Il s’agit d’une approche holistique où tous les éléments ayant des interactions entre eux forment un système, lui-même interagissant avec d’autre systèmes plus vastes. Sa théorie inclut l’histoire du monde, de l’infiniment petit au « Grand Tout ».

Ken Wilber est dans une approche à la fois philosophique, scientifique, et spirituelle. On le décrit volontiers comme « spiritualiste ») puisqu’il s’est intéressé aux philosophies orientales tandis qu’il a fait partie du mouvement de la psychologie transpersonnelle, seul courant de la psychologie prenant en considération la spiritualité avant de développer sa Théorie Intégrale.

Philosophe assumé, Ken Wilber n’usurpe pas ce titre puisqu’ il est un Américain très prolifique en tant qu’auteur (22 livres traduits dans plus de 25 langues), un penseur et un visionnaire contemporain.

Les 4 Quadrants de la Vision Intégrale

Sa théorie repose sur le modèle des 4 Quadrants, soit plusieurs « niveaux de réalité » qui s’approchent individuellement dans une dimension de type analytique, mais qui forment une seule et même réalité, disons même une seule et même complexité. Ce qui explique pourquoi il existe plusieurs spécialistes sur une question donnée qui approchent un même problème selon leur angle d’approche (issu de leur spécialisation). Le résultat étant d’interminables débats techniques sans parvenir à percevoir l’objet d’analyse dans une dimension qui serait globale.

Il s’agit de niveaux structurés, 4 Quadrants (AQAL – All Quadrants All Levels) qui constituent la synthèse de la théorie.

Ainsi un fait ou un événement peut être vu selon différentes perspectives :

1) Du point de vue Subjectif-Individuel [JE] : ce qu’un individu ressent par rapport à quelque chose, comment est-ce qu’il interprète cela ?, quel sens donne-t-il à CA ?

2) Du point de vue Objectif-Individuel [CA] : nous sommes là dans le concret, ce qui est palpable, ce qui se passe objectivement d’un point de vue physique/chimique/neuro-cognitif, ce qui est mesurable, ce qui est « scientifiquement prouvé » (ou validé selon des processus solides et fiables).

3) Du point de vue Subjectif-Collectif [NOUS] : il s’agit de la symbolique d’un événement ou d’une info au niveau « micro-collectif » (famille, communauté, nation, ethnie, tribu, …), l’interprétation qui est donnée à travers le prisme d’un ancrage culturel (forcément inconscient, et forcément subjectif), et le sens qui est collectivement donné.

4) Du point de vue Objectif-Collectif [EUX] : nous sommes là dans le « macro-collectif », dans ce qu’on pourrait appeler « la civilisation » ou encore « le Système », c’est-à-dire les normes en vigueur communément admises, ou encore La Loi. C’est le socle commun objectif qui structure une société. Un paradigme.

Ces quatre quadrants intrinsèquement liés forment une magnifique théorie de la complexité. Ainsi un événement factuel [quadrant II] peut provoquer un ressenti particulier (et subjectif) chez un individu [quadrant I], ce dernier adoptera des comportements [quadrant II] (1) conformément à son éducation, son milieu social, son appartenance ethnique (valeurs ancrées) [quadrant III]. Mais il doit aussi réguler son ressenti, ce qu’il vit, et la façon dont il réagirait spontanément, au regard des normes sociales en vigueur, selon les procédures « communément admises » (2) [quadrant IV]

(1) Un autre individu recevra l’information d’un point de vue factuel [Quadrant II], en développera un ressenti subjectif personnel [Quadrant I], etc. Voilà comment ces quatre Quadrants définissent une complexité en mouvement perpétuel aussi d’un seul paradigme.

(2) Exemple : dans nos pays (en Occident) on ne se fait pas justice soi-même. Ce qui peut être totalement différent au sein d’un autre type de société. Il ne s’agit pas de porter un jugement sur d’autres modes de fonctionnement, mais bien de comprendre comment les sociétés se structurent et fonctionnent ; et comment les individus y prennent leur place [anthropologie et sociologie]. Mais aussi comprendre comment les individus peuvent potentiellement développer des névroses (voire des pathologies) dans un cadre et un contexte systémique et écologique. Tel est l’intérêt (un intérêt parmi d’autres) de la Vision Intégrale dans une démarche de coaching.

Il s’agit d’un résumé très synthétique, et forcément très réducteur de ce qu’est la Vision Intégrale. Pour mieux comprendre cette théorie, il y a les lectures : Le livre de la Vision Intégrale et Une brève histoire de tout en particulier.

A noter que la Vision Intégrale est la base de quasiment toutes les formations que j’ai écrites,. Il y a donc une initiation à la théorie qui est présente dans les thématiques que je développe.

La page Wikipedia sur le sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Wilber