Se reconstruire suite à un divorce

Un divorce (ou une séparation) est quelque chose de douloureux dans la vie d’un individu. Il s’agit de quitter définitivement la personne que l’on a aimée, et avec laquelle on s’était engagée « pour la vie ». C’est une désillusion profonde, un échec. Mais la vie nous impose de reconsidérer les choses autrement afin de transformer les échecs en apprentissage. Les plus grandes leçons de la vie nous sont parfois enseignées à vil prix. Cependant, les ressources que l’on acquiert à travers ces étapes doivent nous permettre d’évoluer et de construire autre chose, plus solide, et surtout plus conforme à la personne que l’on est en train de devenir.

 

La question de l’amour

Il y a ce mythe qui consiste à faire croire que c’est l’amour qui fait perdurer le mariage. D’un point de vue pragmatique, ce qui fait perdurer le mariage c’est surtout la situation matérielle relativement confortable. Surtout lorsque les deux conjoints travaillent (à temps plein, c’est le top du top !) : 2 x fois 1500 € de rentrées mensuelles pour un loyer + charges de +- 1000 €, il reste 2000 € pour assumer le reste. Avec ces ressources, il est possible d’avoir des activités familiales agréables et même de partir en vacances chaque année (si le banquier n’a pas flairé « la bonne affaire » et chargé le couple de crédit à la consommation « en veux-tu en voilà »).

S’il y a de l’amour et de la complicité, le bonheur est total. C’est dans les choses essentielles que l’on a accès à la joie. Mais cette grâce n’est pas donnée à tout le monde : il faut parfois passer par des chemins bien tortueux pour réaliser que le bonheur est dans les choses simples. C’est d’ailleurs sans doute cela la véritable intelligence : connaître et savoir apprécier la valeur des choses. Cette valeur pouvant être cette personne qui n’est pas parfaite (qui l’est donc ?) mais avec qui il est possible de vivre une vie de couple bienheureuse.

Par contre, dès le moment où « ça ne va plus », il est difficilement acceptable de partir et d’assumer seul(e) entre 800 et 1000 € de charges rien que pour le logement. Et on n’a pas encore mangé…  Le niveau de vie ne peut que baisser après un divorce, et c’est la raison pour laquelle on s’accorde du sursis, qu’on accepte les humiliations (un partenaire odieux, grossier, voire même infidèle), parce que le choix est difficile. Sans évoquer le fait qu’il n’est pas vraiment concevable de se dire d’avoir patienté autant, enduré autant… pour rien, si ce n’est pour se convaincre que la situation est inextricable.

La plus grande erreur (sans doute) après un divorce est de retourner vivre chez ses parents, pour la bonne et simple raison que cette solution est bien trop facile ! C’est se retrouver avec un loyer qu’on n’a pas à payer (si ce n’est une contribution symbolique, le reste des dépenses consistant à faire quelques courses). C’est la « belle vie » en somme. C’est se libérer d’un « mariage raté » et vivre sans réelles contraintes (si ce n’est d’avoir moins d’intimité, ce qui est le prix à payer).

A partir de là, ça devient difficile d’imaginer pouvoir se remettre en couple dans une relation sérieuse. Comment oser quitter son confort pour un nouveau saut dans l’inconnu ? Tout en sachant que sa situation n’est pas viable à long terme… Ce qui induit quelque chose de « magique » : profiter ! Faire tout ce qu’on ne pouvait pas faire quand on était en couple. Une seconde adolescence en quelque sorte.

La meilleure solution (et elle a un prix aussi) suite à un divorce c’est d’accepter l’éventualité de la précarité (oui la précarité) pendant au moins un petit temps, c’est-à-dire se trouver un logement le plus décent possible et se serrer la ceinture (moins de restos, moins de shopping, moins de loisirs,…). Il s’agit de sacrifier de la qualité de vie… contre de l’autonomie, car seule l’autonomie permettra de reconstruire autre chose ensuite. Sauf si on considère que rester vivre chez ses parents le reste de sa vie est une solution viable et un projet épanouissant pour les 30 prochaines années.

L’équation est assez simple : plus la situation est confortable, plus il est difficile de reprendre à nouveau le risque de se remettre en couple (dans le cadre d’une relation sérieuse, c’est-à-dire envisager à nouveau la vie commune).

Plus la situation nous impose une certaine adversité, et plus on sera attentif à ceux qui correspondent à certains critères et qui sont prêts à vivre une histoire sérieuse, dans l’idée de (re)construire quelque chose. Car quel est l’intérêt de se (re)mettre en couple si on a un bon niveau de vie, des loisirs, des voyages, une vie sociale ? Autant le dire clairement : des partenaires « de passage » suffisent largement dans ce cadre là. Pourquoi faire ce qu’on a fait toute sa vie maritale (c’est-à-dire des compromis, prendre sur soi, supporter l’insupportable ou l’intolérable), alors qu’on n’a pas vraiment besoin de l’autre ?

On sait par expérience, que se séparer est difficile dès lors qu’on a suffisamment d’interdépendance à l’autre, autant le faire quand on a la possibilité de le faire, ce qui veut dire concrètement tant qu’on ne vit pas avec la personne, et tant qu’on n’a pas encore d’enfants avec cette personne.

Car si un couple tient, si on fait des efforts pour le faire perdurer, c’est clairement grâce à deux choses :

  • L’habitation commune.
  • Les enfants.

C’est ce qui permet d’aller jusqu’au bout de son histoire, au bout de son mariage.

La question de l’amour et des sentiments est « accessoire » dès lors où l’on peut avoir des sentiments sincères, même vivre une très belle histoire, sans avoir l’intention d’assumer la moindre contrainte dans sa (nouvelle) vie de couple. Ce qui peut conduire à stopper une relation qui nous convient en grande partie, parce qu’on n’a pas envie de la solidifier (et d’en assumer les contraintes perçues).

Quand on évoque la question de la reconstruction après un divorce, cela induit un chantier. Il est nécessaire de passer par une étape d’acceptation : c’est-à-dire accepter sa situation avec lucidité et accepter qu’on assume dans le divorce (ou dans la séparation) de se retrouver une situation financière plus précaire, car il est improbable de sortir d’un divorce et d’avoir la même qualité de vie.

Mais passer par une période de vaches maigres (alors qu’on a quitté une relation qui n’a pas fonctionné) permet de mobiliser d’autres ressources, de devenir quelqu’un d’autre, c’est-à-dire Soi dans une version upgradée : plus de maturité, plus de lucidité, et plus d’amour aussi. L’amour de soi (en ayant eu le courage de ne plus se faire de mal dans une relation qui n’a pas marché), et l’amour de ses enfants qu’on a décidé de protéger en leur éviter de vivre dans un cadre conflictuel (et potentiellement violent).

C’est cette énergie bienveillante qui peut permettre de repartir sur de nouvelles bases et (re)construire éventuellement autre chose avec « la bonne personne ». On dit que pour rencontrer « la bonne personne » il faut soi-même devenir « la bonne personne ».

De manière plus simple et concrète : la bonne personne est la personne qui vous aime, que vous aimez, avec qui vous pouvez partager des choses, et qui est prête à s’engager.

La véritable question est de savoir si soi-même, on l’est. Comment le savoir ? En questionnant son intuition le plus souvent possible et oser la question décisive : ma situation actuelle pourrait-elle objectivement durer éternellement. Si la réponse est positive, alors tant mieux. Dans l’autre cas, revenir vers son intuition et prendre les décisions en conséquence. Dans la plupart des cas, elles amènent vers du mieux-être, et en option : vers le bonheur, la joie, la (vraie) vie.

 

Saïd Derouiche
Coach, hypnothérapeute

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