Pour être un couple il faut être deux

Être heureux en couple semble être devenu le graal de notre époque. Une société peut-être devenue trop individualiste, recherchant le plaisir immédiat, et l’absence de contraintes. Une société où même l’amour est objet de consommation.

amour love

Au-delà de ces constatations, jamais rien ni personne – et heureusement ! – ne pourra empêcher deux personnes de s’unir et/ou de vivre une histoire. Mais comment faire durer une relation ? Sans doute que si la « formule magique » existait, ça se saurait.

Il y a l’idée qui consiste à donner à l’autre ce qu’on aimerait recevoir… sans attendre de recevoir. Un acte désintéressé, qui va induire un retour. Car, en réalité, ce qu’on aspire à recevoir, c’est le fruit de ce qu’on donne, à savoir : rendre l’autre heureux à travers ce que l’on ressent pour lui, et dont les schémas et les explications [du phénomène amoureux] nous dépassent. Donner une partie de soi qui dépasse le matériel : donner de l’attention positive, anticiper les besoins, le désir de soulager, d’apaiser, de rassurer.  Et comme finalité : de construire.

Se sentir digne de recevoir

Il y a l’amour qu’on donne, celui qu’on reçoit, et celui qui est partagé. Une histoire qui dure se construit autour de ces différentes notions et de la façon dont elles s’imbriquent.

  • L’amour qu’on donne est cette partie de soi que l’on donne parce que l’on peut la donner sans se léser soi-même.
  • L’amour que l’on reçoit est la partie de l’autre [qu’il nous donne] que l’on peut intégrer sans se noyer.
  • L’amour partagé est ce principe de « ricochet » : ce qu’on donne revient avant d’être renvoyé, et revenir toujours plus beau, toujours plus fort. Pour repartir à nouveau dans un cycle infini et harmonisé. Ce qui distingue l’amour authentique de la passion.

L’amour partagé devient donc un objet précieux qu’il faut savoir conserver. Seuls des êtres se sentant dignes d’amour auront une chance de pouvoir construire des remparts suffisamment hauts pour protéger le miracle qui s’est produit.

Un miracle car la magie s’opère au-delà de la raison et du temps.

 

Comprendre qu’il n’y a rien à comprendre

Cette expérience de l’amour partagé peut survenir à n’importe quel moment de sa vie.  Il n’y a pas forcément à être préparé car on ne tombe pas amoureux d’une personne totalement par hasard.

Si l’idylle peut friser la perfection, le contexte et les éléments extérieurs ne le sont pas forcément. Ce qui unit est forcément supérieur aux défis qui dépassent l’intimité du couple et de la relation. Il est donc important de traiter les éléments extérieurs au service du sentiment authentique. L’inverse n’ayant aucun sens.

Car c’est précisément ces premiers défis, une fois relevés et accomplis, qui vont cimenter définitivement le couple. Bien que les grâces soient d’essence divine, il n’en demeure pas moins que tout doit se mériter… un minimum.

De la conscience du sacrifice va naître un potentiel. Un potentiel à entretenir… à deux !

 

Du courage pour être heureux

Aller vers un engagement, ou du moins vers une structure et un cadre solidifiant l’union, n’est pas forcément chose aisée pour tout le monde. Certains peuvent appréhender un manque de sécurité (car on ne contrôle pas vraiment les sentiments de l’autre), d’autres une perte de liberté, et d’autres encore peuvent être submergés par des doutes. Des doutes sur l’authenticité de leurs sentiments (ou plutôt de ce qu’ils impliquent), parfois projeté sur l’autre. Ou clairement des doutes sur l’authenticité des sentiments de l’autre, polluant ses propres sentiments.

Ces phénomènes (ces doutes, ces questions) pouvant survenir au cours de l’idylle – et alors que tout peut très bien se passer – naissent sans doute de la « peur du bonheur ». La peur du bonheur, dans le sens où le bonheur amoureux est conditionné par la présence de l’autre, et de sa fidélité dans l’engagement.

Ce n’est que lorsque l’on a des doutes sur soi-même, sur sa capacité à assumer la relation à long terme, que l’on peut être amené à projeter ses peurs sur l’autre, jusqu’à remettre en doute sa sincérité.

A ce stade on peut être paralysé par l’idée de se protéger tout en préservant l’autre [de ses propres doutes]. Et c’est la relation qui peut s’en retrouver chiffonnée.

C’est l’absence de questions qui va donner à la relation sa dimension finale et bienheureuse.

Le courage de ne plus anticiper les scénarios catastrophe (car les anticiper c’est alimenter leur probabilité). Le courage de vivre des sentiments de nature irrationnelle et de s’y sentir en sécurité !

C’est beau. Mais ce n’est pas forcément une mince affaire.

 

Pour être un couple il faut être deux

Parachever une histoire d’amour et la transformer en union solide dépend des deux protagonistes. Il s’agit du premier défi : oser s’engager et rassurer l’autre (de préférence implicitement par des actes). Un engagement conforme aux aspirations de l’autre, selon l’histoire qui a commencé à se construire.

On ne peut agir seul lorsqu’il s’agit de dessiner les contours du couple dans un format durable. L’envie, ou plutôt le courage, doit venir des deux côtés.

Les défis doivent être relevés dans le seul intérêt de ce qui a été construit. Il est incongru de penser, qu’à ce stade, on peut se permettre de mettre l’autre en attente (le temps de résoudre une difficulté personnelle par exemple) sans risquer de briser l’équilibre.

De là, peut naître de la frustration, de la déception, de la rancœur, ou de l’amour « pathologique » où l’un se retrouve seul à donner, en vivant d’un espoir. Un espoir de « retour à la normale » alors que quelque chose s’est brisé. L’un s’en retrouve « dominant » car fixe les règles et le tempo, l’autre est « soumis » et assume la position qui consiste à attendre la disponibilité (physique ou affective) de l’autre.

Au-delà d’être deux, il faut être deux [qui sont] présents ! Présents l’un pour l’autre, ne laissant pas le temps de laisser germer des frustrations.

L’amour partagé est un cadeau qui mérité – et c’est le minimum – d’être entretenu.

La clé restant définitive : veiller à l’équilibre et à l’intérêt de l’autre. Car, quoi qu’il arrive, cela [nous] reviendra et contribuera de façon dynamique à préserver l’équilibre et la flamme.

Au-delà du courage, il faut aussi beaucoup de maturité émotionnelle pour pouvoir accepter ce cadeau. C’est pour cela qu’on observe que des êtres aboutis et conscients ont plus de chance que n’importe qui d’autre de vivre une relation durable et heureuse.

Chaque jour apportant des perspectives meilleures encore.

L’amour partagé est la forme sublime de la grâce et de l’abondance.

 

Saïd Derouiche

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